FORMULAIRE D’INFORMATIONS GÉNÉRALES POUR LA COLOSCOPIE ET LA GASTROSCOPIE
DÉFINITIONS
Endoscopie : C’est un terme général pour désigner des examens permettant d’aller à l’intérieur des organes et de voir ceux-ci par l’intérieur. Les examens d’endoscopie peuvent permettre à la fois le diagnostic et le traitement de certaines conditions.
Coloscopie : C’est la visualisation de l’intérieur du colon avec un long tube flexible muni de fibres optiques pour la visualisation et de canaux de travail pour les procédures (biopsie, cytologie, cautérisation, polypectomie).
Gastroscopie : C’est la visualisation de l’intérieur de l’œsophage, de l’estomac et du duodénum (OGD : oesophagogastroduodénoscopie) avec le même genre de tube et permettant les mêmes interventions. C’est un examen utile et précis pour détecter la présence de bactéries dans l’estomac (Helicobacter pylorii).
Biopsie : C’est une procédure qui consiste à prendre de petits morceaux qui seront par la suite analysés. Le prélèvement est effectué à l’aide de petites pinces spéciales.
Polypectomie : C’est une procédure qui consiste en l’excision de polypes. Les polypes sont des excroissances qui peuvent, selon le type, grossir et se transformer en cancer. Les polypes sont enlevés par différentes techniques à travers les canaux de travail des endoscopes.
Dépistage : C’est la recherche de lésions chez une personne alors qu’elle n’a aucun symptôme. Dans le cas du dépistage du cancer du côlon, il s’agit de subir des examens permettant de découvrir des lésions (polypes ou cancers) le plus tôt possible pour permettre le traitement de ceux-ci (polypectomie endoscopique, chirurgie). Dans le cas de la polypectomie, il s’agit de dépistage primaire, c’est-à-dire qu’on guérit le cancer avant qu’il n’apparaisse. Il y a entre 20% et 30% de risques de découvrir des polypes lors d’une coloscopie de dépistage.
Dans le cas du cancer du côlon, il s’agit de dépistage secondaire, c’est-à-dire qu’on peut découvrir le cancer du côlon plus tôt, avant que les symptômes ne se déclarent, permettant ainsi une chirurgie précoce et plus de chances de guérison. Dans le dépistage du cancer du sein ou de la prostate, il s’agit aussi de dépistage secondaire. Environ 1.5% des coloscopies de dépistage permettent de découvrir un cancer du côlon.
Le dépistage de polypes ou du cancer colorectal est recommandé à partir de 50 ans. S’il y a présence de cancer dans la famille de premier degré (parents, frères, sœurs), il est recommandé de commencer à 40 ans ou 10 ans avant le plus jeune dans la famille. Certaines conditions peuvent aussi commander un dépistage avant l’âge de 50 ans.
COMPLICATIONS
Lors de la coloscopie et la gastroscopie, des complications peuvent survenir. Pendant les examens, de l’air est insufflé de façon à dilater les organes dans le but de bien voir les aspérités sur la surface. Cette insufflation d’air peut causer des douleurs et du ballonnement.
Pour la coloscopie, les patients reçoivent une combinaison de médicaments par voie intraveineuse. Un médicament analgésique (contre la douleur), le Fentanyl, est administré pour diminuer les douleurs causées par l’insufflation d’air et le passage du coloscope. Un médicament anxiolytique (contre l’anxiété), le Versed, est également administré par voie intraveineuse. Il permet au patient de se détendre, de s’assoupir et souvent d’oublier la courte période entourant l’examen. Les patients ont donc généralement peu de souvenirs de l’examen. Il peut arriver cependant que des patients se souviennent d’une partie de l’examen.
Pour la gastroscopie, un analgésique local est instillé dans la gorge de façon à « geler » celle-ci lors du passage du tube. Cet examen peut causer des nausées lors du passage tu tube et un inconfort sous forme de distension abdominale et de crampes. Les mêmes médicaments que pour la coloscopie peuvent être administrés. Cependant, ils sont moins nécessaires, car l’examen est moins douloureux et plus court. Après discussion entre le médecin et le patient, il sera décidé si des médicaments seront administrés ou non.
Le Fentanyl et le Versed peuvent causer de la somnolence, des distractions et une atteinte de la concentration qui peuvent durer jusqu’à quelques heures. Pour cette raison, il ne faut pas conduire un véhicule, prendre des décisions importantes ou participer à des activités nécessitant concentration, présence d’esprit et jugement. Il faut éviter les boissons alcoolisées, car elles peuvent potentialiser l’action des médicaments.
Une perforation peut survenir lors d’un examen endoscopique, environ 1/2000 lors d’une coloscopie et 1/4000 lors d’une gastroscopie. Ce risque augmente lorsqu’une intervention est faite (biopsie, polypectomie). Lorsqu’il y a une perforation, le patient nécessite un transfert en milieu hospitalier pour y être traité soit par antibiotiques (50% des cas) ou par chirurgie (50% des cas).
Un saignement peut survenir lors d’un examen endoscopique, environ (1/3000 lors d’une coloscopie et 1/4000 lors d’une gastroscopie). Le risque peut atteindre 1% lorsqu’une polypectomie est pratiquée surtout si le polype est gros. La majorité des saignements sont de petite quantité, cessent spontanément et ne nécessitent pas de traitement particulier. Si le saignement est important, le patient peut nécessiter une observation en milieu hospitalier, un traitement endoscopique, des transfusions et rarement une chirurgie.
D’autres complications d’ordre médical peuvent survenir. Ils peuvent être liés aux maladies du patient, connues ou inconnues (problèmes cardiaques, pulmonaires, rénaux), aux médicaments donnés au patient (allergie, dépression respiratoire), ou aux gestes posés (phlébite suite à l’insertion du cathéter intraveineux).
Il est possible que l’examen ne puisse être complété pour différentes raisons (intolérance du patient, anatomie difficile, survenue d’une complication, multiples lésions). Le médecin usera de son jugement pour terminer l’examen. Le bas fond coecal (le début du gros intestin) peut ne pas être vu dans 5% des cas, parfois en raison de problèmes techniques, parfois en raison d’une préparation inadéquate, parfois parce que c’est non nécessaire. Le médecin va tenter de se rendre le plus loin possible tout en demeurant le plus sécuritaire possible.
Si un examen ne peut être complété pour différentes raisons, un examen alternatif peut être demandé.
EXAMENS ALTERNATIFS
Si le patient refuse la coloscopie ou si la coloscopie ne peut être complétée, d’autres examens peuvent être ordonnés après discussion entre le médecin et le patient.
Répéter la coloscopie : Il est parfois nécessaire de refaire la coloscopie pour les raisons
suivantes :
- L’examen n’a pu être complété en raison d’une mauvaise préparation
- Une procédure endoscopique n’a pu être réalisée parce qu’un médicament
n’a pas été arrêté, intentionnellement ou non (anticoagulants)
- Une procédure devrait être faite en milieu hospitalier (gros polype avec
risque plus grand)
- Plusieurs séances sont nécessaires (multiples polypes, lésion large enlevée
en plusieurs séances)
- Il faut attendre des résultats de biopsies avant de décider si une endoscopie
ou une chirurgie sera le geste à poser (polype suspect)
- Il faut effectuer un contrôle rapproché après l’excision d’une grosse lésion.
La coloscopie de dépistage est recommandée aux 5 ans. Un cancer est très rare après ce délai. Cependant, des polypes peuvent être retrouvés dans 16% des cas après une coloscopie « négative ». Après l’excision de polypes, il demeure prudent de subir une coloscopie de dépistage 1 à 2 ans plus tard.
Coloscopie virtuelle : C’est un examen qui consiste à visualiser le colon à l’aide d’une scan. Il y a donc émission de radiations même si moindres que lors d’un scan standard. Cet examen nécessite une préparation intestinale comme pour une coloscopie. Lors de l’examen, il y a insufflation d’air qui peut causer de l’inconfort. Généralement, aucune médication pour diminuer l’inconfort de l’examen n’est administrée.
Il y a des risques de perforation comme avec la coloscopie (jusqu’à 1/2000). L’examen n’est pas fiable pour des lésions de moins de 6 millimètres. Il ne détecte que 90% des lésions de 10 millimètres ou plus. Si l’examen n’est pas de bonne qualité, s’il y a un doute sur la présence de lésions ou s’il y a effectivement une lésion, une coloscopie standard devra être pratiquée dans un deuxième temps (avec une nouvelle préparation), pour confirmer ou infirmer des trouvailles, ou procéder à des biopsies ou polypectomies. Cet examen est généralement plus dispendieux que la coloscopie standard.
Cet examen est de plus non fiable pour le diagnostic de certaines conditions. Il évalue mal la muqueuse qui peut montrer de l’inflammation (colite), des ulcères ou des lésions hémorragiques (pétéchies, angiodysplasie, ectasies veineuses, varices). Il évalue mal les lésions du canal anal (hémorroïdes, fissures, lésions suspectes). Il ne permet pas le traitement de certaines de ces lésions (cautérisation). Une coloscopie standard demeure nécessaire en présence de saignement digestif même si la coloscopie virtuelle est négative.
Lavement baryté : C’est un examen qui consiste à évaluer le colon à l’aide de radiographies de l’abdomen. Du colorant (matériel de contraste) est injecté dans le rectum. Cet examen nécessite également une préparation intestinale comme pour une coloscopie. Généralement, aucune médication pour diminuer l’inconfort de l’examen n’est administrée.
Il y a des risques de perforation comme avec la coloscopie (jusqu’à 1/2000). L’examen peut manquer jusqu’à 30% de lésions surtout dans la région du sigmoïde et du rectum. Il est d’ailleurs recommandé de subir une rectosimoïdoscopie (coloscopie courte) pour s’assurer que cette portion du colon est bien évaluée. Il peut être utile pour voir le colon à droite si la coloscopie a été incomplète. Il peut être utile pour évaluer un problème de constipation ou de changement de calibre des selles. Il s’avère également utile pour évaluer une maladie diverticulaire. Il détecte difficilement les lésions de moins de 10 millimètres. Des résidus de selles sont souvent confondus pour des polypes.
Une coloscopie de contrôle s’avère souvent nécessaire si l’examen est de mauvaise qualité, s’il y a incertitude quant à la présence de polypes ou de cancer, s’il est nécessaire confirmer la présence d’une lésion par visualisation directe et/ou par biopsies, ou si un traitement est indiqué (polypectomie).
Comme pour la coloscopie virtuelle, cet examen est non fiable pour le diagnostic de certaines conditions. Il évalue mal les lésions hémorragiques (pétéchies, angiodysplasie, ectasies veineuses, varices). Il évalue mal les lésions du canal anal (hémorroïdes, fissures, lésions suspectes). Il ne permet pas le traitement de certaines de ces lésions (cautérisation). Une coloscopie standard peut demeurer nécessaire en présence de saignement digestif même si le lavement baryté est négatif.
Repas baryté : C’est un examen qui consiste à évaluer l’œsophage, l’estomac et le début du petit intestin à l’aide de radiographies de l’abdomen. Du colorant (matériel de contraste) est ingéré par la bouche. Généralement, aucune médication pour diminuer l’inconfort de l’examen n’est administrée.
Il y a peu de risques avec cet examen. L’examen peut cependant manquer jusqu’à 30% de lésions. Il peut être utile pour évaluer un problème de dysphagie (difficulté à avaler). Il peut permettre de voir comment les aliments descendent ce qui n’est pas possible avec la gastroscopie. Il peut parfois s’avérer nécessaire après une gastroscopie pour compléter l’évaluation de l’œsophage. Il peut aussi être demandé après qu’une gastroscopie ait été incomplète en raison de problèmes techniques ou en raison d’intolérance de la part du patient.
Une gastroscopie de contrôle s’avère souvent nécessaire si l’examen est de mauvaise qualité, s’il y a incertitude quant à la présence d’ulcères, d’irritation, de polypes ou de cancer, s’il est nécessaire de confirmer la présence d’une lésion par visualisation directe et/ou par biopsies, ou si un traitement est indiqué (polypectomie). La gastroscopie peut être prescrite dans le but de faire des biopsies pour détecter la présence de bactéries dans l’estomac (Helicobacter pylorii) pouvant être la cause d’ulcérations ou d’irritation gastrique. La gastroscopie est non fiable pour le diagnostic de certaines conditions. Il évalue mal les lésions hémorragiques (pétéchies, angiodysplasie, ectasies veineuses, varices). Il ne permet pas le traitement de certaines de ces lésions (cautérisation, ligature de varices). Une gastroscopie peut demeurer nécessaire en présence de saignement même si le repas baryté est négatif.
La recherche de sang dans les selles : Cet examen détecte de petites quantités de sang dans les selles. Il faut suivre une diète spéciale pendant 48 heures. Il faut prélever à trois reprises des selles. L’examen doit être répété annuellement.
Cet examen est désagréable pour les patients. C’est un examen non fiable. Il ne peut détecter des petites lésions, car celles-ci ne saignent pas. Même les grosses lésions peuvent être manquées, car elles ne saignent que par intermittence. De plus, n’importe quelle condition ayant saigné, allant du saignement de nez au saignement hémorroïdaire, peut rendre le test positif.
En cas de test positif, il faut procéder à un examen digestif. Dans la majorité des cas, il faut aussi faire une gastroscopie, car des lésions au niveau de l’estomac peuvent être retrouvées (ulcères, gastrite). Un test positif entraîne de l’anxiété pour le patient en attendant de passer d’autres examens. L’investigation va être négative ou bénigne dans plus de 90% des cas.
En cas de test négatif, des petites lésions ne peuvent être exclues. Les polypes ne sont pas détectés de cette façon. Ce n’est pas un test de dépistage des polypes coliques, mais plutôt un test de dépistage du cancer du côlon. Dans le cas de cancer du côlon, jusqu’à 30% de ceux-ci peuvent être manqués.
Si le patient subit une coloscopie négative, aucun autre test de recherche de sang dans les selles n’est nécessaire si une coloscopie est faite régulièrement. Si des polypes sont détectés en coloscopie et enlevés, il n’y a également aucune nécessité de faire d’autres tests de recherche de sang dans les selles si un suivi est assuré.
SUIVI
Suite à la consultation ou à l’examen, le médecin et la clinique s’assureront d’informer le patient des résultats. En cas de complication, le médecin s’assurera de diriger le patient vers la facilité (milieu hospitalier) nécessaire à sa condition. La clinique assumera les frais du transport ambulancier le cas échéant.



